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Aux sources de la ferveur des chrétiens évangéliques envers Israël

Les chrétiens évangéliques, notamment aux Etats-Unis ou en Amérique latine, multiplient les actions de soutien à l’Etat hébreu depuis le 7 octobre 2023. Un appui historique nourri de références religieuses.

Publié le 17 mars 2024 à 17h00 Temps de Lecture 3 min. Read in English

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« Israël, tu n’es pas seul », entendait-on, en novembre 2023, dans un spot diffusé sur l’un des écrans géants de Times Square, à New York, réalisé par la Christians United for Israel. Manifestations, levées de fonds, donation d’équipement, envoi de volontaires sur place pour aider à reconstruire les kibboutz… Cette puissante organisation de chrétiens évangéliques, qui revendique dix millions d’adhérents, multiplie, avec d’autres, les actions de soutien envers l’Etat hébreu depuis les massacres du Hamas. Et le phénomène n’est pas propre aux Etats-Unis, comme on a pu récemment le voir au Brésil dans une vaste manifestation pro-Israël, le 25 février, qui comptait de nombreux évangéliques.

Comment expliquer une telle ferveur ? « C’est un acte de foi. Nombre d’évangéliques soutiennent Israël comme ils s’opposent au droit à l’avortement : cela est perçu comme conforme à la volonté de Dieu », décrypte la politiste Célia Belin, autrice de Jésus est juif en Amérique (Fayard, 2011).

Cette croyance est basée en partie sur une lecture littéraliste de certains textes bibliques, à commencer par Genèse 12, 3, où Dieu dit à Abraham : « Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et toutes les familles de la Terre seront bénies en toi. » Pour nombre d’évangéliques, ce passage s’applique aujourd’hui à l’ensemble des juifs et à l’Etat d’Israël, perçus comme héritiers de la descendance du patriarche. « Il y a cette idée que les promesses divines faites au peuple juif sont de toute éternité. Les Etats qui, comme les Etats-Unis, soutiennent Israël connaîtront la prospérité, alors que ceux qui s’y opposent connaîtront un destin aussi dramatique que celui de l’Allemagne nazie », résume Célia Belin. « S’opère alors une confusion entre Medinat Israel, l’Etat d’Israël, et Eretz Israel, la terre sacrée du peuple juif », poursuit l’historienne Stéphanie Laithier.

Vision eschatologique

D’autres textes bibliques sont réactualisés par les théoriciens évangéliques, à l’instar du livre de Jérémie, composé durant l’exil du peuple hébreu à Babylone, aux alentours du VIe siècle avant notre ère. Une interprétation sioniste contemporaine est alors appliquée à des passages tels que celui-ci : « Je rassemblerai moi-même ce qui reste de mon troupeau, de tous les pays où je les ai bannis ; je les ramènerai dans leur domaine » (Jérémie 23). Selon une telle lecture, la promesse divine du retour complet des juifs « sur leur terre » tient toujours. John Hagee, pasteur texan de 83 ans, déclarait même à la télévision américaine, en 2008, que Dieu avait « créé Hitler pour aider les juifs à atteindre la Terre promise ».

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